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Pêche à la mouche naturelle

La pêche à la mouche naturelle vivante.

D’élevage ou piégée, cet appât reste le meilleur pour la belle saison, mais pour pêcher à la mouche il faut des mouches! Nous allons voir comment s’en procurer et quelles sont les meilleures.

Les mouches d'élevage.

La mouche bleue, la plus facile à élever et à conserver,Calliphora vomitaria de son nom latin est issue de l’asticot Gozzer, que l’on trouve facilement dans les magasins de pêche. Pour son élevage et sa conservation, il est préférable de se procurer une boite spécifique si vous n'êtes pas bricoleur.
La mouche verte, Lucila Caesar, plus petite est issue du Pinkie blanc, elle peut remplacer la bleue si vous ne trouvez pas de Gozzer, mais elle est beaucoup plus agile et difficile à saisir à la sotie de la boite. On la trouve également à l'état sauvage sur les bouses de vaches à côté des Damier, piquée sur un n° 16, ou 18 elle se révèle excellente.


Texte en grasBoite de conservation
Boite de conservation
boite d'élevage
Le matériel d'élevage et de conservation, modèle standard et grand format
les différentes boites de transport
Boite d'élevage
boite de conservation
Boite de conservation
Les mouches sauvages
Mouche à damiers
Mésembrine
Lucila
Stercoraire

Parmi les 3 sortes de mouches sauvages que je capture, Sarcophaga ou mouche a damier est la plus intéressante et plus courante. Son arrivée sur les bouses de vaches annonce le début de la pêche à la mouche vivante, qui suivant l’altitude varie de mi mai a mi juin.
Son élevage n’est pas possible, on ne peut trouver ses asticots dans le commerce.
Citée plus haut Lucila, la petite mouche verte se trouve facilement dans la nature et en très grande quantité sur les bouses, je l’utilise avec succès quand les truites chipotent piquées sur un n° 16, en effet parfois dame Fario recherche des proies de petites tailles.
La plus grosse, la plus rare, mésembrina méridiana ou mésembrine du midi avec ses ailes orange, elle est le must de la mouche sauvage.
Très difficile à trouver en grande quantité, on peut l’observer sur les troncs d’arbres et les piquets de clôture en train de se réchauffer aux premiers rayons de soleil. Dans la journée elle se pose sur les bouses de vaches mais préfère les fruits mûrs tombés au sol ou elles se délectent des parties sucrées.
De part sa faible densité il n’est guère possible d’en faire une provision suffisante pour pêcher une journée, sur l’Aubrac les vieilles mains les attrapent à la volée, une dizaine de mouches dans une boite d’allumettes leur garanti autant de poissons.
Véritable aimant a belles truites, elle décide a mordre les « farios » les plus difficiles, comme me disait un « local » sur une Boralde, 10 mouches, 10 truites et que des belles!
La Mouche stercoraire - Scatophaga stercoraria - Scatophagidae
C'est la plus précoce des sauvages, elle nait avec 15 à 20 jours d'avance sur la damier.
Eh, oui, cela vous paraîtra peut-être dégoûtant, mais cette petite mouche rousse se nourrit de toutes sortes d'excréments comme la bouse de vache ou le crottin. On lui a attribué différents surnoms comme la Mouche du fumier, "la Mouche à merde "(désolé pour le langage!) ou la Mouche à toison jaune. En effet, elle est très velue, mais toujours propre sur elle! Le mâle est roux alors que la femelle, légèrement plus petite, est plutôt verdâtre. Elle pond ses œufs directement sur les crottes dans lesquelles ses petites larves trouveront de quoi se nourrir.
Il est très rare que je pêche avec, en effet fin mars je ne pense pas à prendre le piège, pourtant elle est excellente.
Hormis la Mésembrine, la différence entre la mouche élevée et la sauvage équivaut à comparer un ver de fumier à un ver de berge.
Les deux prennent du poisson, la différence se fait lorsque la truite est vraiment difficile et sur les parcours très pêchés, les touches avec la mouche sauvage sont plus franches et il est rare que la truite ne soit pas prise au premier coup alors que bien souvent avec celle d’élevage dame « fario » chipe l’appât sans se faire piquer!
En dehors de ces journées ou les truites nous énervent, la mouche bleue reste quand même la meilleure esche en période estivale, d’ailleurs, les pêcheurs que je rencontre ne s’y trompent pas et regrettent de ne pas avoir de boite à mouches.
La saison de la mouche varie, suivant les régions, l’altitude, la météo et comme les années se suivent et ne se ressemblent pas les dates que je vous donne ne sont pas a prendre au premier degré, c’est donc une moyenne observée sur plusieurs saisons.
- 600 m d’altitude, mi avril
- de 600 à 1000 m, fin avril
- plus de 1000 m, début mai

Mais attention, tellement il est difficile de comprendre notre belle mouchetée et comme avec les autres appâts, cela ne mord pas tous les jours.
Il y à aussi des exceptions, voir des contradictions, pour exemple, en 2013, mi avril, 900 m d’altitude, 2° au thermomètre de la voiture a 8 h du matin, vent du nord, pluie et neige mélangée, eau mâchée et haute, la logique veut que l’on pêche au vers et porte-bois.
En début de matinée seulement 2 ou 3 poissons de pris!! A 10H30 mon collègue sort une boite a mouches de son gilet et avec le même montage et plombage prend des truites à la mouche naturelle en pêchant derrière moi au ver de terre !
L’après midi fut encore meilleure avec un pic de folie vers 15 H, j’en déduit que la météo et le cycle de dame fario ne sont pas forcement liés.
La température de l’eau et de l’air ne sont pas les seuls paramètres à prendre en compte, notre belle mouchetée se repère a autre chose, mais quoi?
Un exemple sur ces photos, avec de la neige sur les montagnes et donc de l'eau de neige, mon ami Émile et moi même, pêchons à la mouche naturelle, on voit bien la boite autour de son cou et la mouche dans la gueule de la truite!
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